Interview / Reportage

Rencontre avec Maylise et Loïc du duo May X Low

Ils sont lauréats des Inkubbateurs depuis février 2021. Rencontre avec Maylise et Loïc qui forment le groupe May X Low. 

 

Mayxlow est l’accomplissement du rêve commun de deux artistes passionnés, venant de deux mondes musicaux bien différents. Ils vous invitent à découvrir l’univers musical qu’ils ont développé autour de leurs créations. 

May, de son vrai prénom Maylise est une chanteuse Soul tirant ses inspirations d’un large panel musical, allant de Vulfpeck à Otis Redding, en passant par Oasis ou Amy Winehouse. Après avoir suivi une formation « musique actuelle » à l’EF2M de Tourcoing, elle participe à plusieurs projets musicaux et se produit à de nombreuses reprises dans des bars et scènes ouvertes. Ces représentations live développent son amour pour la scène, et la musique en général. 

Low, ou Loïc, est membre du groupe RAFU et s’exprime dans la production de musique électronique. Côtoyant les studios d’enregistrement depuis le plus jeune âge, et étant ancien élève du conservatoire, il compose et enregistre lui-même sa musique. Principalement influencé par Chet Baker, Paul Kalkbrenner ou encore Gainsbourg, Low s’est crée une empreinte musicale qui lui est propre.

 

 

INTERVIEW DU DUO MAY X LOW 

On commence avec les présentations : vous formez le groupe May X Low mais, en dehors du duo, qui est Maylise et qui est Loïc ?

Maylise : J’ai 24 ans, je suis née et j’ai grandi à Évreux. J’ai fait une formation de musique sur Lille et ensuite je suis revenue car on revient toujours là où on a grandi. J’ai rencontré Loïc en 2019 autour du piano à la gare d’Évreux. Il jouait un morceau de Nina Simone et je me suis mise à chanter. On a eu envie de faire un projet ensemble.

Loïc : J’ai 23 ans, je suis né à l’Île de la Réunion et je suis arrivé en Normandie à l’âge de 3 ans. J’ai toujours fait de la guitare et de la musique. Très vite, je me suis tourné vers la musique électronique. Avec mes potes du collège et du lycée, nous avions crée un groupe : RAFU qui est toujours un projet existant.

Pour vous, qu’est-ce que cela représente cette opportunité d’être dans les Inkubbateurs du Kubb ?

M : On travaille sur notre EP de 5 titres. L’objectif est de le sortir fin juin 2021 et d’obtenir un financement pour sa promo et pour réaliser un clip. Être dans les Inkubatteurs cette année c’est un énorme avantage pour nous ! On a accès aux studios pour faire les témoins, à une salle de répétitions réservée pour nous, donc on avance trois fois plus vite. Cet EP sera un énorme pas en avant ! On pourra démarcher et promouvoir notre musique en ayant des supports. Dans la continuité, on aimerait avoir l’opportunité de participer à des scènes tremplins comme les Inouïs du Printemps de Bourges, en janvier 2022.

L : Depuis 2019, on était éloignés géographiquement. Moi j’étais sur Paris et très peu sur Évreux, et nous n’avions pas la chance de pouvoir répéter et créer ensemble dans de bonnes conditions. Les Inkubbateurs ça nous aide beaucoup : on est tous les jours chez vous dans les studios du KUBB au Tangram !

Quelle est votre journée type quand vous venez travailler au KUBB ?

M: On arrive aux alentours de 9h, pause-café et pause-clope. Après, on va faire une petite jam pour se chauffer tous les deux. Il va me sortir ce qu’il a créé, et moi je lui partage mes idées. Le matin on va surtout faire de la création et l’après-midi on va commencer à monter le live. Par exemple, on va travailler sur la time-line, la structure et l’enchaînement des morceaux. Le matin c’est plus détente et l’après-midi c’est plus travail !

Quelle est le matériel à votre disposition dans les studios ?

M : On a tellement de trucs à notre disposition ! On a un système son et une table : on peut répéter amplifiés et ça, c’est déjà génial ! Ce n’est pas quelque chose que l’on pouvait faire avant car nous étions trop éloignés et qu’il fallait louer une salle. Ensuite, on peut enregistrer des témoins dans le studio créa : ce sont des premières versions avant l’enregistrement dans les studios. On a donc l’opportunité d’enregistrer ce qui, d’habitude, représente un coût financier ! surtout quand on est jeune et qu’on débute un groupe. On a également accès à tout le personnel de l’équipe du KUBB. Léo et Alban peuvent nous donner des conseils. On est vraiment entourés : nous sommes dans un petit cocon parfait pour réussir !

L : On a la chance d’avoir un accompagnement des personnes de l’équipe du KUBB et leurs retours sur ce que l’on fait. Ils nous dirigent vers la bonne direction !

Pourquoi c’était le bon moment de postuler à cet Inkubbateur ?

M : Nous étions arrivés à un point où nous avions assez de morceaux pour faire un EP mais pas forcément le financement et l’infrastructure à disposition.

Quelles sont vos influences et inspirations musicales ? Qu’est-ce que vous écoutez ?

L : On a des influences très différentes mais on a aussi plein de choses en commun. Moi j’écoute un panel très large de musiques : beaucoup de musique électronique, mais aussi du jazz. Ce matin, par exemple, j’ai écouté un prélude de Bach. Pour May X Low, les influences sont différentes à chaque morceau.

M : Quand j’ai commencé à chanter au collège, j’avais un amour inconditionnel pour les chanteuses noires américaines : Etta James, Nina Simone, Billie Holiday… c’est avec ces grands noms que j’ai grandi. Ensuite, au lycée, j’étais à fond dans le pop-rock : j’adore Oasis, Nirvana, Phoenix… J’écoute aussi de la musique électronique : j’adore The Blaze et je trouve leur rapport à l’image incroyable ! C’est vraiment une musique qui s’écoute en visionnant les clips.

Notre point commun est d’être réunionnais tous les deux et d’aimer le jazz. Mais nos influences sont très différentes, donc on se complète beaucoup.

Comment définiriez votre groupe, votre duo artistique ?

L : Ce qui m’anime dans la musique, c’est le groove, j’aime beaucoup faire danser. C’est ce que l’on retrouve un peu partout dans nos compos.

M: Éclectique ! On a des morceaux très différents avec des univers très larges : funk, disco, pop… En ce moment on travaille sur un morceau qui a une grosse influence tech-house. C’est compliqué de nous ranger dans une seule case !

 

Maylise, tu chantes uniquement en anglais ?

M : J’attendais cette question ! Je chante en anglais et en français, même si chanter en français a été une grosse étape à traverser pour moi. Avec l’anglais, c’est plus facile, c’est comme un bouclier, j’ai du mal à composer des choses en français que je puisse vraiment assumer sur scène. J’ai du mal à poser du français sur des morceaux disco ou funk. Ça toujours été compliqué de trouver un équilibre. Mais depuis que nous sommes arrivés ici, au KUBB, nous travaillons 50% en français et 50% en anglais.

 Qu’est-ce que vous attendez de cette année d’accompagnement ? Où vous voyez-vous dans un an ? Quels sont vos rêves les plus fous à la sortie des Inkubbateurs ?

: Je rêve de jouer au Sziget Festival, en Hongrie ! Plus sérieusement, dans un an on aura travaillé l’EP, on aura un live construit avec les lumières et de la vidéo. On aura un vrai show ! et pas simplement un concert, et on souhaite tourner dans le monde entier avec ! J’aimerais beaucoup faire quelque chose avec un orchestre, je travaille un peu en secret sur le réarrangement d’un morceau que l’on a écrit pour la journée de la femme.

Donc vous êtes des artistes engagés ? Quelles sont les sujets qui vous touchent ?

: Je trouve que c’est très important de s’engager, aujourd’hui. Beaucoup d’artistes véhiculent des messages et sont engagés dans des causes comme les droits de la femme : Yseult, Angèle et beaucoup d’artistes s’engagent sur ses sujets. Je suis très sensible, donc, forcément, je vais écrire très activement sur ce que je ressens. Je m’inspire beaucoup des histoires que mes ami.es me racontent et je travaille à les mettre en musique. Depuis que j’écris en français, j’essaie de parler de choses qui me tiennent à cœur, comme ce morceau sur les femmes. En ce moment, on travaille sur un morceau qui parle de la place de l’homme dans la société, pour égaliser la balance.

Le duo est tout récent, êtes-vous déjà montés sur scène avant les Inkubbateurs ?

M : On est montés tous les deux sur scène, une fois, au Diaspore Festival de Gravigny à la Brasserie Spore organisé par le collectif Emergence. C’est un petit festival, c’était vachement chouette comme première date, entre deux confinements, au mois d’août 2020. Tout nos amis étaient là, nous étions dans un super cadre ! On a des jolies captations de ce moment. Les réactions après ce premier show nous ont encouragés à continuer.

Vous avez hâte de remonter sur scène ?

M : J’ai hâte d’avoir l’opportunité de repartir vadrouiller en tournée, ne serait-ce que 10 dates en France ! avoir l’occasion de rencontrer des gens, de nouvelles personnes et d’échanger.

L : Rendez-nous les dates ! (rires)

Justement, si Le Tangram rouvre en mai prochain… au programme : Yseult et Kerry James, vous êtes fans ?

M : Je l’aime Yseult, d’un amour fou ! Elle est incroyable ! pas seulement musicalement parlant, mais aussi humainement. Elle est engagée pour plein de causes : pour l’égalité, contre la grossophobie, pour les droits de la femme ! Quand elle a eu son prix aux Victoires de la musique et qu’elle a fait son discours, j’étais très émue.

Terre Noire, je les aime aussi ! Leur morceau « Jusqu’à mon dernier souffle » est incroyable ! J’ai toujours la gorge serrée quand je l’écoute. « Baise-moi » est magnifique aussi, c’est génial d’utiliser un mot aussi cru et d’en faire quelque chose d’aussi poétique et joli ! Tout leur album est époustouflant. C’est vrai qu’au final, j’écoute de plus en plus de musique française !

L : Ça serait génial de faire un arrangement des morceaux de ces artistes !

Le mot de la fin ?

M : May X Low est trop content de cet accompagnement d’artistes ! La sortie de l’EP est vraiment l’axe principal sur lequel on se focalise, pour l’instant. Par la suite, si on arrive à avoir le financement « Start and Go », la promotion de l’EP et la création du clip et du live seront une autre étape de travail. Nous sommes dans un écrin, cette année !

 

 

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Publié le 25 mars 2021

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